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Comment faire durer les effets de l’éco-conduite : les bonnes pratiques de management

Stratégie transport

L’éco-conduite propose d’agir sur le comportement humain, vu qu’il s’agit d’adopter une attitude spécifique au volant pour faire des économies de carburant et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Agir sur le comportement et même parfois les réflexes des conducteurs n’est pas facile. Ce sont de bonnes techniques de management et d’analyse qui permettent d’éviter que les résultats positifs s’essoufflent dans le temps.
Quelles sont les bonnes pratiques pour une animation réussie de l’éco-conduite au sein d'une entreprise de transport routier de marchandises ? 

L’éco-conduite : en faire un projet d’entreprise global

Pour garantir les meilleurs résultats, il est important, dès le départ, de concevoir l’éco-conduite comme un projet d’entreprise global et à long terme.

Les retombées d’un projet d’éco-conduite peuvent, en effet, être visibles à plusieurs niveaux dans l’entreprise. « Il impacte le dialogue social, la qualité de la prestation de transport grâce à un taux d’accidents et de pannes moins élevé et le compte d’exploitation, avec une baisse de la consommation, des coûts de maintenance, des réparations et des accidents. »

L’éco-conduite ne concerne donc pas seulement les conducteurs. « Le conducteur fait partie d’un tout », explique Christophe Juhel, président de CO2, « Son attitude au volant dépend parfois des instructions de l’exploitation. C’est une bonne organisation par l’exploitation et un véhicule bien maintenu par l’atelier qui permettent un haut niveau de performance. Les bons résultats sont le travail d’une équipe qui intègre cette exigence dans leurs méthodes de travail »

Soigner sa stratégie de communication

Pour impliquer tous les collaborateurs de l’entreprise, une stratégie de communication poussée est nécessaire. « A la naissance du projet, nous conseillons toujours de faire un plan de communication positif et valorisant qui corresponde aux valeurs de l’entreprise. Donnez-lui du sens en lui donnant un nom et en expliquant pourquoi l’entreprise s’engage sur le plan philosophique. A 360°, il doit s’adresser à la fois à l’interne et à vos clients, partenaires ou fournisseurs en affichant les engagements de chacun. »

La stratégie de communication fait vivre le projet d’éco-conduite dans le quotidien de l’entreprise. Ainsi, une approche positive, dès le départ, augmente l’adhésion des collaborateurs. «Présenter la formation comme un investissement de l’entreprise sur le conducteur permet d’éviter une approche négative le jour de la formation », explique Christophe Juhel. « Par la suite, communiquez à intervalles réguliers en rythmant l’année de temps forts et en prenant soin d’y associer l’ensemble des collaborateurs. Une personne de la comptabilité pourra ainsi encourager un conducteur qui fait de bons scores. Cela peut vous paraître étonnant, mais ces petits riens ont un résultat surprenant. »

Analyser les résultats continuellement

Pour analyser les performances de la flotte, il est indispensable d’effectuer un suivi avec des outils de mesure adéquats. « Sans outils de mesure, il est impossible de prouver aux conducteurs les impacts de cette nouvelle forme de conduite et d’animer le suivi sur des critères objectifs », observe Christophe Juhel.

Un trajet n’est pas l’autre. Ces critères ne doivent donc pas se réduire à la simple consommation de carburant mais plutôt se baser sur le comportement au volant.

La plupart des fournisseurs d’informatique embarquée offrent des modules d’éco-conduite qui collectent, via un ordinateur de bord dans les véhicules, les données du CANBUS (les freinages, les accélérations,…) et les transforment en indicateurs pertinents. Ces indicateurs sont affichés, d’une part, sur l’écran du conducteur qui bénéficie ainsi d’un coach en temps réel et, d’autre part, dans un portail web pour analyser les performances de conduite de tous les conducteurs grâce à des rapports graphiques et colorés.

L’analyse de ces indicateurs vous permet de connaître vos performances de départ pour vous fixer des objectifs réalistes et, ensuite, d’évaluer les résultats de vos actions. Pour Christophe Juhel, l’animation de l’éco-conduite peut s’appuyer à tout moment sur ce type d’outils : « Ces rapports simples et graphiques peuvent être directement affichés ou communiqués et permettent de favoriser une émulation positive entre les conducteurs. C’est une analyse continue de ces résultats, associée à des formations piqures de rappel et une animation, qui garantit des résultats à long terme.»

La clé, c’est d’agir sur la motivation

L’élément crucial de la gestion d’un projet d’éco-conduite, c’est la motivation des équipes. « Nous luttons ici contre les mauvaises habitudes de collaborateurs que nous n’avons pas sous les yeux en permanence », explique Christophe Juhel. « Or, l’être humain n’aime pas le changement. Il faut donc mettre en place toutes les conditions pour l’amener à changer de sa propre volonté. »
Si une formation pratique est souvent indispensable pour apprendre de nouvelles techniques, elle est surtout importante pour initier l’adhésion des conducteurs. « 70 % de la formation est consacrée à donner envie au conducteur de changer de comportement », déclare Christophe Juhel.

L’implication des managers et la cohérence au sein de l’entreprise est primordiale à la motivation des équipes. « Pour que les effets de l’éco-conduite soit durables, il faut que la démarche soit encouragée par le management, qui pourra en faire un élément de motivation personnelle. Le « Bravo, continue ! » a un vrai pouvoir », déclare Christophe Juhel.

Par la suite, c’est une animation bien construite qui entretiendra les résultats. Cela prend la forme de communications positives des performances, de piqures de rappel des formations et de la valorisation de ceux qui ont de bons résultats. « Dans ce management de l’humain, il faut des leviers psychologiques. Nous encourageons et nous aidons donc les entreprises à mettre en place des outils de valorisation non financiers des efforts individuels et collectifs. »

Car Christophe Juhel ne conseille pas les primes financières : « La prime paraîtra souvent minime au conducteur par rapport à ses efforts et aux gains de l’entreprise de par le poids des charges patronales et salariales. Par ailleurs, les collaborateurs que nous engageons sont censés bien faire leur travail. Leur donner une prime pour cela me semble assez perturbant.

Animer le changement de comportement et la progression d’un collaborateur qui fait des efforts peut être récompensé par un programme de cadeaux qui lui fera d’autant plus plaisir, qu’il le valorisera auprès de son entourage. »

Et c’est ainsi qu’en impliquant tous les collaborateurs, en communiquant de manière positive et en analysant vos résultats continuellement, vous pouvez faire de l’éco-conduite un projet d’entreprise éco-performant, fédérateur et valorisant.

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Christophe Juhel, est co-fondateur de CO2, un cabinet de conseil en Optimisation Opérationnelle, dont le nom fait allusion au dioxyde de carbone qu’il prend pour cible. Il s’est spécialisé dans le conseil et la formation à destination des transporteurs routiers pour les aider à diminuer leur consommation de carburant et l’empreinte carbone qui y est liée.
http://www.co2-service.com

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